La rencontre avec son bébé

La rencontre avec son bébé

Cet instant pas « si évident »

A travers ce blog, je me livre avec sincérité sur mes ressentis face à l’apprentissage de la maternité, mais je crois que cet article sera l’un des plus personnels. Le plus personnel, mais aussi le plus sensible traitant de ce fameux instant où l’on découvre son bébé pour la première fois.

Fervente adoratrice de l’émission « Baby boom » ou autres documentaires parlant de l’accouchement, je m’étais faite une idée très utopiste de la rencontre avec mon fils : « Dès que j’ai eu mon bébé sur moi c’était une évidence », « L’instant le plus magique de ma vie », « Je me suis tout de suite sentie mère » sont les phrases que j’ai entendues et sur lesquelles je me suis basée pour projeter la rencontre avec mon bébé.

La naissance

Après une grossesse épanouissante, c’est sereine et enthousiaste que je me rends à la maternité donner naissance à mon enfant. Le travail se passe très bien (un article racontant mon accouchement viendra plus tard) et vient le moment tant attendu de la poussée. Dans quelques minutes j’allais rencontrer mon fils en « vrai »… Je pousse, pas longtemps et j’entends la sage-femme me dire « Tendez les bras, il arrive »! Sur ces mots, mon cœur s’accélère et je tends les bras pour attraper mon fils. Je vis un moment hors du temps. Tout en le posant sur moi j’explose en sanglots et je ris en même temps…. je lâche toute la pression accumulée durant ces heures de travail.

Je pose enfin les yeux sur mon enfant (qui hurle soit dit en passant) et la première chose à laquelle je pense est « Mais il ne ressemble pas du tout à ce que je m’étais imaginé… ». En un éclair, je prends conscience que le lien impalpable que j’avais créé avec lui in utero pendant 9 mois avait laissé place à un autre lien, palpable et bien réel, dès l’instant où il était sorti de moi.

Je vois mon mari lui faire naturellement des bisous, lui sourire…c’est déjà un père que j’ai sous mes yeux.

Pour moi, ce n’est pas aussi simple…pas d’évidence, pas d’instinct maternel immédiat.

Un post accouchement compliqué

Dépassé ce premier cataclysme d’émotions lié à l’accouchement, je réalise à travers les yeux inquiets de ma sage-femme que quelque chose ne va pas. Je perds beaucoup de sang, mon placenta ne veut pas sortir et après avoir insisté pour que la délivrance s’effectue enfin, on m’annonce qu’une révision utérine* est nécessaire.

*Révision utérine: le gynécologue vérifie à la main qu’il ne reste plus de placenta dans l’utérus. Plus d’informations ici.

On fait donc sortir mon mari ainsi que mon bébé. Pour moi, c’est un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Je suis exténuée physiquement et mentalement et j’ai juste envie que l’on me laisse tranquille.

Soutenue par le personnel médical très bienveillant, la « révision » se passera finalement bien mais épuisera mes dernières forces.

C’est donc à la limite du malaise, fatiguée et retournée psychologiquement, que j’essaie tant bien que mal de profiter des premiers instants de vie de mon bébé, qui n’a pas fermé l’œil une seconde depuis sa naissance. Pendant ces deux heures de surveillance en salle d’accouchement, je me demande un peu ce qui m’arrive.  J’avais vécu ma grossesse très naturellement, un peu comme une seconde nature et là je me retrouve très désemparée face à ce bébé que j’ai du mal a percevoir comme étant le mien. Je suis un peu spectatrice du lien fort qui se créé déjà entre lui et mon mari. Comme si le papa avait une longueur d’avance sur moi, lui n’étant pas obligé de faire le « deuil » du lien créé pendant la grossesse pour laisser place à une nouvelle relation.

La remontée en chambre

Une fois la surveillance réglementaire terminée, on me monte enfin dans ma chambre, en brancard car je suis incapable de rester assise sur un fauteuil sans tomber dans les pommes.

Une fois arrivée dans ma chambre, la sage-femme qui m’a accouchée me dit que si je ne prends pas de forces, ils devront placer mon fils en nursery afin que je puisse me reposer.

Cette phrase a eu l’effet d’une bombe dans mon cœur de toute jeune maman. Tout en tirant le berceau de mon fils vers moi, je leur diS qu’il est hors de question que mon bébé soit éloigné une seule seconde de moi. Je mange alors le succulent festin que l’on m’amène (comprenez des biscottes et une compote)  qui aura au moins le mérite de me remettre un peu sur pieds !

L’esprit apaisé et l’énergie un peu retrouvée, je réalise que j’ai un besoin viscéral d’avoir mon enfant près de moi. Mon cerveau n’avait pas encore intégré que ce petit être chevelu et bronzé était mon fils mais mon corps/coeur, eux le savaient.  Un instinct presque animal comme j’aime bien le dire. J’avais besoin de sentir mon enfant contre moi, comme pour me rappeler cet état rassurant de la grossesse et revenir à une sensation qui m’était familière.  Je crois par ailleurs que l’allaitement m’a permis de vivre cette transition psychologique en douceur.

 

On ne naît pas mère, on le devient

Alors en ce qui me concerne, il n’y a pas eu « d’évidence » au moment de la naissance de mon fils. Je ne me suis pas sentie mère instantanément lors de notre rencontre et d’ailleurs, un long chemin restait encore à parcourir pour apprivoiser ce nouveau rôle.

Le passage du statut de femme enceinte à celui de mère ne s’est pas fait en un jour. La naissance de mon fils a également été une renaissance pour la jeune femme que j’étais et ce, dès l’instant où il s’est trouvé sur mon ventre et non plus à l’intérieur de celui-ci. J’ai compris par la suite que l’absence de cet instinct maternel, que je pensais ressentir instantanément et qui m’a fait me sentir différente, voire même en dessous des autres mères au départ, était en réalité le début de mon apprentissage. Celui qui m’aiderait à devenir la mère que je souhaitais être, en accord avec la femme que j’étais sur le point de devenir.

La naissance de mon fils est le moment le plus magique de ma vie, que j’ai vécue comme je devais le vivre et qui a marqué le début de la plus fantastique de mes aventures.

 

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6 commentaires sur “La rencontre avec son bébé

  1. Un bel article, sur une réalité souvent occultée. Comme tu dis, c’est parfois un moment qu’on idéalise, et se confronter à cette réalité peut être un choc… Pour ma 1ere fille c’était cette fameuse ‘évidence’ ou en tout cas un lien immédiat, naturel. Pour ma deuxième les circonstances de mon accouchement m’ont un peu privée de cette toute première rencontre, et même si j’ai rapidement su me l’approprier, il y a eu quelques heures de battement. Ça n’a rien de honteux et ne diminue en rien l’amour qu’on leur porte, mais il faut parfois du temps pour créer la connexion alors qu’on ne s’y attend pas toujours!

  2. Merci beaucoup pour ton commentaire et partage d’expérience 🙂
    Oh oui, ça ne remet aucunement en question l’amour qui est porté à son/ ses enfant(s).

  3. Merci pour ce beau témoignage plein de sincérité !
    Ca nous permet d’anticiper les choses avec moins d’appréhension, nous, les femmes-pas-encore-mamans !
    Bonne continuation et longue vie à ce blog !

  4. Merci pour ce bel article plein de sincérité !
    C’est très décomplexant de lire que « l’évidence » ne tombe pas sur tout le monde comme par magie. Pour ma part, j’ai vu mon bébé moins de 30 sec. montre en main, avant qu’il ne soit emmener auprès de son père ; je ne l’ai revu que 3h30 plus tard, tout habillé, tout endormi, j’ai même pas osé le toucher. Je me suis sentie très spectatrice du début de ma nouvelle vie de maman, j’attendais un peu qu’on me dise ce que je devais faire ou ne pas faire.
    Ça ne m’a pas empêchée pour autant de tomber (et de rester) raide dingue de mon enfant par la suite 🙂

  5. Je te remercie pour ton commentaire très sincère 🙂
    Je vois que je ne suis pas la seule à m’être sentie un peu « spectatrice »au début et le fait de ne pas avoir eu ton bébé tout de suite a dû être une étape supplémentaire…

    Quel âge à ton bébé aujourd’hui ?

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