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L’allaitement : ce choix si personnel

Avant d’être enceinte, j’avais une idée bien arrêtée : je n’allaiterai pas. 

D’une part parce que j’ignorai absolument tout de l’allaitement (non pas que ça me concernait à l’époque), mais aussi parce que ma poitrine faisait partie de ma féminité et je préférais qu’elle se cantonne à cet unique rôle. 

Et puis, une fois enceinte de mon fils et concernée par le sujet et voyant des mamans dans mon entourage allaiter leur bébé, de « je n’allaiterai pas » je suis passé à « Mouai bof à voir », pour finir avec un très engageant « On verra, si ça fonctionne tant mieux, sinon, ce sera biberon ».

Ce à quoi (pour l’anecdote) ma sagefemme de cours de préparation à l’accouchement m’avait répondu : « C’est souvent celles qui disent ça, qui finissent par allaiter et longtemps ».

Pas faux…

 

Allaitement : les prémices

Me voilà donc partie à la maternité pour accoucher avec la ferme intention de donner une chance à l’allaitement, mais sans pression.

Une fois mon bébé dans les bras, il me faut prendre une décision et vite… « Alors, vous voulez faire la tétée de bienvenue ? »

A savoir : dans le jargon, « tétée de bienvenue » signifie la première tétée donnée à son enfant qui pourra bénéficier, entre autre, du colostrum sécrété par la maman.  Plus d’informations ici

C’est alors assez naturellement que je mets mon fils au sein, qui, spontanément, se met à téter, aidé par le réflexe de succion qu’ont les nouveaux nés. Je ne sais pas trop si je suis à l’aise, si cela me plaît ou non, mais je viens d’accoucher, alors j’ai les idées un chouillat embrouillées ! Antoine tête bien, il me regarde et je laisse place une fois de plus à un sentiment nouveau, incertain.

Plus de trois heures après, me voilà enfin remontée dans ma chambre et comme il est 4h00 du matin, il est l’heure pour le papa de rentrer se reposer un peu. Notre bébé ne dormant toujours pas depuis l’accouchement (oui, oui…), la sage-femme me conseille de le remettre au sein. Conseil que je décide de suivre. Au bout de deux minutes de tétée, mon fils s’endort paisiblement dans mes bras et c’est à moment là que l’allaitement n’est plus devenue qu’une option pour moi.

 

Allaitement : l’évolution

Une fois la première « nuit » passée, je tâtonne avec l’allaitement, le mettant au sein quand je vois Antoine chercher à téter. A l’instinct en somme.

Physiquement, allaiter me donne soif, très soif, mais je ressens surtout de petites contractions et on me dit que c’est normal, que les tétées aident l’utérus à reprendre sa place initiale. Je suis fascinée ! La nature est quand même très bien faite et c’est limite si je ne prends pas plaisir à sentir ces contractions, quand je sais les bienfaits qu’elles ont sur mon corps.

Comme tout début d’allaitement, j’ai également les tétons irrités et me balade donc « seins nus » dès que je peux, la poitrine tartinée de crème (celle-ci pour information)On me conseillera par la suite de simplement mettre un peu de mon lait après chaque tétée et que cela vaut mieux que toutes les crèmes au monde.

J’ai eu ma montée de lait un peu plus de 24 heures après mon accouchement et c’est à ce moment là que le poids de mon bébé a commencé à se stabiliser et augmenter par la suite.

Les tétées se déroulaient très simplement, toutes les 2/3 heures dans un premier temps.

Au début, il est arrivé qu’Antoine dorme plus de 4 heures d’affilées (7 heures même une fois rentrés à la maison) et je le laissais dormir, ce qui m’a valut une petite réprimande d’une puéricultrice à la maternité. Mais il prenait du poids correctement et les tétées se déroulaient parfaitement, alors s’il avait besoin de dormir, je préférais le laisser (non sans stresau début…).  

Une semaine après notre retour à la maison, nous sommes allés faire une pesée à la PMI, afin de s’assurer de l’évolution positive de sa prise de poids, n’ayant plus la pesée quotidienne du séjour à la maternité pour nous aiguiller. La prise de poids était constante, il fallait continuer ainsi.

Au fil des jours et des semaines, les tétées se sont espacées, de toutes les 2/3 heures à toutes les 3/4 heures et au bout d’un mois (sauf exceptions), notre bébé faisait des nuits de 7 heures, avec des tétées toutes les 4 heures environs en journée. Pour information, chaque tétée durait en moyenne 45 minutes. J’allaitais à la demande et un rythme s’est naturellement installé.

Antoine s’endormait au sein une tétée sur deux et systématiquement à celle du soir.

Par la suite, nous avons essayé d’intégrer, de temps en temps, des biberons de mon lait, mais peine perdue, Antoine refusait catégoriquement de les boire.

Je crois que quelque part, cela m’arrangeait un peu, tant je vivais mal chaque tentative. J’avais lu quelque part, que si en cas d’allaitement, l’enfant refusait d’intégrer un biberon, c’était que la maman n’était pas prête.  Nous n’avons donc pas insisté, jusqu’au début du sevrage, à ses 5 mois et demi. Je m’arrangeais alors pour sortir en conséquence et les fois où ce fût un peu plus long, il m’a tout simplement attendue pour manger.

 

Allaitement : le sevrage

J’ai allaité Antoine pendant presque 6 mois, avec intégration de la diversification à ses 4 mois (la diversification alimentaire fera l’objet d’un article dédié).

Pendant ces mois d’allaitement, j’ai parfois eu envie d’arrêter. La fatigue et le fait de devoir toujours être disponible me pesaient par moment.

Mais lorsque j’y réfléchissais sérieusement, je me rendais compte que l’hypothèse de sevrer mon bébé me rendait terriblement triste.  J’ai donc attendu le bon moment. C’est vers les 5 mois et demd’Antoine, en le mettant au sein un midi que le déclic est venu: je ne prenais plus de plaisir à allaiter mon enfant.

Nous avons donc pris la décision avec le papa, de commencer à le sevrer avec du lait industriel, n’étant pas à l’aise du tout avec le tire-lait. C’est moi qui ai donné son premier biberon à Antoine, qu’il a bu d’une traite cette fois-ci, ce qui m’a confortée dans l’idée que c’était le bon moment. Ce fût un instant très émouvant, je pleurais et regardais mon bébé prendre son premier biberon en lui disant que nous avions vécu une belle et intense aventure avec l’allaitement mais qu’il était temps de passer à une autre.

L’étape était franchie, mon enfant ne dépendait plus que de moi pour se nourrir…

Le sevrage se sera finalement fait en une semaine pendant laquelle je ne donnais que les tétées du soir, pour finalement ne plus en donner du tout.

J’ai en parallèle pris de l’homéopathie pour éviter tout engorgement, grâce à l’ordonnance fournie à la sortie de la maternité.

 

Allaitement : mon conseil

Il n’y en a qu’un: faites-vous confiance !

Je sais, facile à dire… et pourtant !

Essayez de faire abstractions des réflexions du style : « Tu es sûre que tu as assez de lait ? »« Ses selles ne sont pas trop liquides ? »« Comment tu sais si il a assez mangé ? ».

Croyez-moi, vous savez. 

Se faire confiance ne veut pas dire ne pas se faire aider si besoin. Personnellement, j’ai vu une sage-femme spécialisée dans l’allaitement à la maternité qui m’a bien conseillée, en fonction de mes propres besoinsSi nécessaire, renseignez-vous auprès de la maternité où vous avez/allez accoucher. 

La peur que son enfant ne prenne pas assez de poids est souvent la plus dominante. Si tel est votre cas, vous pouvez aller faire peser votre enfant à la PMI régulièrement si cela peut vous rassurer et même louer une balance auprès de votre pharmacien sur ordonnance.

Il existe également un site internet qui est une mine d’or d’informations sur l’allaitement, celui de la Leche League.

Personnellement, c’était ma source exclusive lorsque j’avais des interrogations.

Vous avez à votre disposition plusieurs outils qui vous permettront de vivre votre allaitement comme vous l’entendez et en toute confiance, il faut donc en profiter si besoin est.

 

Allaitement : et pour finir

Chaque bébé et chaque femme est différente, par conséquent, chaque allaitement l’est aussi.  Avec le recul, je me rends compte que j’ai eu un allaitement qui s’est très bien déroulé avec une mise en place très rapide et facile. Peut-être est-ce dû au fait que je ne me sois pas mis la pression pour allaiter à tout prix et que du coup, le lâcher-prise à fait son œuvre. Je ne sais pas… Quoi qu’il en soit, j’ai conscience que cela n’est malheureusement pas le cas de toutes les femmes et si vous voulez allaiter mais que c’est compliqué, faites-vous aider. Demandez conseils à des personnes qualifiées, elles sont là pour ça. Il est important que vous vous sentiez soutenue et comprise !

Allaiter son enfant est un choix très personnel qui doit émaner de la mère en premier lieu. Il est important d’en discuter avec le futur papa, qu’il se sente à l’aise et suffisamment renseigné pour pouvoir vous soutenir.

Si vous avez des questions, je serairavie d’y répondre et vous encourage à partager votre propre expérience en commentaire, si l’envie se fait sentir.

A très vite.

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